16 nov
Publié par yvan.bolduc dans Libre (ou presque), Culture d'entreprise
Territoire, performance, compétence, zone de confort, résistance au changement mais aussi … ouverture, plaisir, fierté, amitié, complicité, qualité, compassion. Voilà des sentiments souvent opposés que peut susciter ou ébranler un projet informatique de modernisation. Direction Informatique a publié un article récemment sous la plume de Jean-Grégoire Bernard, professeur aux HEC.
Il semble que les projets informatiques majeurs exposent très clairement qu’ au fur et à mesure des années, les entreprises mettent en place des structures organisationnelles et hiérarchiques où les gens s’installent confortablement, se bâtissent des territoires bien protégés et finissent par croire que leur forteresse est imprenable. Ils croient avoir tout vu et ils s’imaginent avoir acquis une expérience qui leur permettent d’être au dessus de la mêlée.
Ce « bon temps » a toutefois comme conséquence la prolifération d’une gangrène qui finit par attaquer les fondations des territoires respectifs. Sans que le sachent ou l’admettent les principaux intéressés, leur efficacité passée se fait damer le pion par de nouvelles façons de faire ou de gérer, basées par exemple sur l’ouverture au changement et l’adaptation rapide. Tôt ou tard, l’organisation s’enlise sous le poids et la lourdeur de l’épaisseur de la coquille qui s’est formée autour des gens.
Est-il possible à un moment ou à un autre de tourner l’organisation vers de nouveaux horizons? Il y a certainement des moyens, dites-vous, comme changer la structure hiérarchique, couper des postes, « aplatir » l’organisation, mettre en place des comités de changement… Hummmm, ce sont toutes de bonnes idées! Mais fonctionneront-elles? À mon avis, pas sans un choc initial
Le choc initial?!? Je parle ici du choc qui permettra de briser cette épaisse coquille, de la fragiliser. Pour passer de la culture du territoire à celle de la fierté et du plaisir dutravail d’équipe, il faut briser d’une façon sans équivoque les barrières des gens et leurs anciens paradigmes. En même temps, on doit accepter comme organisation de prendre le risque de la «capacité humaine». Il faut que tout à coup on trouve une façon de faire confiance au voisin, au collègue, même au patron!
Idéaliste, pensez-vous! Impossible à réaliser! Mais non, plusieurs organisations ont prouvé que ce virage est possible. Ils ont réussi à créer une nouvelle organisation où les gens sont dynamiques et sont constamment remis en question. Les gens deviennent alors partie prenante du changement et leurs vieilles coquilles deviennent peu à peu un mauvais souvenir. Il se rappelle la lourdeur de cette carapace et se retrouvent aujourd’hui plus heureux à transporter cette nouvelle coquille fragile et mince mais au combien plus légère et plus satisfaisante.
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