Poser cette question à un technologue et la réponse sera qu’on aurait dû commencer à en parler il y a longtemps déjà…. et que son idée est déjà bien avancée sur le sujet….. évidemment.

Je crois important d’aborder cette question dès le commencement de ce blogue. Pourquoi ? Simplement parce qu’il est très facile de se lancer à la recherche du meilleur outil, du meilleur produit, de la technologie magique qui aura “TOUTES” les caractéristiques suivantes :

  • Simplifiera le développement (Entrez votre code procédural tout croche dans ce merveilleux outil et il en ressortira “objet” et codé selon les meilleurs pratiques du marché…. c’est tu assez simple à votre goût ? )
  • Nous fera sauver 30 à 40% d’efforts
  • Nous positionnera pour le futur (cela va de soit !!!)
  • Nous permettra de conserver notre personnel technique tellement c’est simple à utiliser (bien sur !!!)
  • Un outil qui est en train de prendre le marché (quel produit ne le fait pas)
  • Une technologie dans laquelle il sera simple de trouver des spécialistes (Et oui, il y a de ces nouvelles technologies où on retrouve des “seniors” dès la première année de leur apparition sur le marché…)
  • Si on considère le ROI, il est presque donné….. (comme tous les produits voyons ….)
  • Et j’en passe certainement des meilleures

En démarrant nos réflexions par ce genre de discours, il manque généralement l’élément clé suivant : “L’outil qui nous permettra d’atteindre nos objectifs d’affaires et de combler les besoins de l’organisation”. Pourquoi cet élément est-il négligé en début de processus ? C’est souvent parce ces besoins sont encore inconnus.

Pourtant les besoins d’affaires sont à l’origine du projet de modernisation….. non ? Alors pourquoi considère t-on qu’ils sont inconnus ?

Essentiellement parce qu’à ce moment, les besoins sont connus uniquement par leur nom. Un exemple : “nous avons besoins d’échanger des transactions avec nos fournisseurs.”

Personnellement, j’ai toujours trouvé que c’était bien mince comme «spécifications» pour partir à la recherche du «produit miracle qui nous permettra d’échanger des transactions avec notre fournisseur»…. Allez… on utilise EDI et on n’en parle plus.….

Je propose souvent des parallèles entre les technologies de l’information et l’ingénierie afin d’illustrer nos comportements. Ça fait plus tangible… Un immeuble ça se voit, un système d’information…. pas vraiment.

On souhaite construire un pont pour traverser le fleuve St-Laurent. Ok. Utilisons la technologie de pont suspendu répondit l’ingénieur….
Ne serait-ce pas une bonne idée de savoir d’où part le pont, où il arrive et ce qu’il y a dessous avant de proposer un pont suspendu, sinon on peut se retrouver avec un pont en « S »… et ça c’est dans le meilleur des cas…. Tiens, ça me fait penser au Pont Jacques-Cartier…… vous saviez vous que les travaux avaient débutés sans la confirmation de son lieu d’arrivée ? Y’a pas que dans les technos que ça arrive….

Malheureusement pour les religieux de techno (les Microsofteux, Oracleux et Websphereux de ce monde), les produits technologiques fonctionnent pour la grande majorité. Pourquoi je dis malheureusement ? Pour deux raisons. Premièrement parce qu’il est toujours possible de s’en tirer même en choisissant un produit qui n’est pas adapté à nos besoins et deuxièmement pourquoi faire de la technologie “LA” question prioritaire alors que les produits vont finir par fonctionner et qu’il y a tellement d’autres enjeux dans ce genre de projet ?

En passant, quand je parle de religieux techno, il s’agit des “aveuglément Microsoft”, ou “aveuglément Websphere” ou autres. Ceux qui n’osent même plus se poser de questions ni même être un minimum curieux…. Ceci dit avec tout mon respect quand même…..

Donc un produit fonctionne mieux quand il est utilisé pour répondre aux besoins pour lequel il a été créé. “Mieux” dans ce cas veut dire au meilleur coût et avec un minimum de casse-tête.
Vous savez, à la limite on peut tout faire avec Excel, et croyez moi j’en ai vu beaucoup l’essayer…. Petite parenthèse sur Excel… c’est le pire outil jamais inventé pour miner la crédibilité des informaticiens. J’ai déjà entendu ça dans une réunion :

Après analyse, nous avons estimé à 250 jours la création, essais et mise en ligne de vos nouveaux rapports produits à partir des nos systèmes “mainframe”…..

La réponse est venue rapidement, assassine et sans appel :

Comment ça, affirme le comptable ? Je les produit en 2 jours à partir de mon chiffrier Excel….

Fin de la parenthèse.

Alors quand doit-on commencer à parler de techno ? Tout simplement lorsque l’on saura ce que l’on a à faire… c’est tellement simple et aussi tellement complexe.

J’ai jamais vraiment cru à une entreprise “Microsoft” ou encore à une entreprise “Oracle”. Évidemment il y a des avantages aux niveaux de la gestion des connaissances, mais tellement de desavantages à d’autres niveaux. Je suis plutôt disciple du meilleur produit pour le besoin à combler. Excel…. oui, mais pour aligner des colonnes de chiffres, pas pour gérer les inventaires, la facturation et les alertes sur la ligne de production….

Alors, si je connais le besoin à combler (pas seulement le titre), les contraintes de l’entreprises et le contexte, j’ai de meilleures chances d’effectuer le bon choix technologique…. Alors n’hésitez pas à repousser cette discussion à plus tard.