On ne modernise pas un système uniquement pour le plaisir de moderniser, tout comme on ne change pas le moteur de notre voiture neuve….. Il faut l’avouer, on modernise par la force des choses. Tant et aussi longtemps qu’il nous est possible d’atteindre les objectifs d’affaires avec le système actuel, même si cela nécessite quelques tours de magie, souvent noire, ce dernier demeure en place.

Les raisons de cette patience sont aussi nombreuses que pertinentes. D’expérience, voici mon Top 5 :

  • On ne veut pas être celui qui a la lourde tâche de convaincre la direction de l’entreprise qu’après 15 ans d’investissement et d’effort continus et importants dans le système en place, il ne nous permet plus de répondre aux nouveaux besoins d’affaires ;
  • Les coûts, évidemment ;
  • La méconnaissance des stratégies et des technologies disponibles ;
  • La célèbre théorie du robinet qui coule….. « Hey John, arrête de passer la « mope » et ferme le robinet…. » et John de répliquer : « J’ai pas le temps, y’a trop d’eau par terre »….
  • Et finalement, on doit l’avouer, le conservatisme des technologues.

Il vient par contre un temps où ces raisons ne peuvent plus justifier de repousser la modernisation. Le besoin est réel, urgent, essentiel et la magie, même la meilleure, ne suffit plus. Ou, autre cas possible, le magicien disparaît avec toute sa connaissance concernant les nombreux rafistolages effectués au fil des ans…

Effectivement, le départ de gens qui tenaient le système à bout de bras sera un important déclencheur de modernisation. Cette grande patience avec le système en place, jumelée à l’implication de ces magiciens qui trouvaient toujours des solutions ont un impact important sur les stratégies potentielles de modernisation. Ces impacts seront certainement le sujet d’un prochain article. Mais seulement pour donner un indice, la magie c’est souvent difficile à recycler…..

Le problème dans tout ça, c’est que la modernisation demande beaucoup de réflexion avant d’être entreprise. Et après avoir retardé la modernisation le plus longtemps possible, le temps presse, ce qui fait que ce n’est pas toujours toujours évident comme situation.

Premièrement le terme modernisation. Qu’est-ce que la modernisation ? Est-ce que, par exemple, écrire une nouvelle application Java qui extrait des données de notre base de données DB2, qui elle est normalement utilisée par notre système RPG, est une modernisation ? Je vous dirais que non. C’est simplement une nouvelle application qui vient rendre un peu plus « hétérogène » notre système d’information. Je dirais même que c’est une nouvelle application qui viendra un jour ajouter à l’ensemble des défis que devra résoudre la modernisation de notre système.

En fait, j’utilise le terme « modernisation » non pas parce que cela implique nécessairement des technologies « modernes », mais bien plus pour l’idée de « futur » et « d’avenir » que représente le terme « modernisation ». Pour moderniser, il faut donc selon moi avoir une « vision », un positionnement, une stratégie solide. C’est pour ça que développer une nouvelle application, sans cette vision d’avenir, n’est pas de la modernisation.

Donc en résumé, on ne modernise pas pour rien, on modernise pour répondre à un besoin. Et on ne modernise pas n’importe comment, on modernise selon une vision d’avenir.
Si on revient sur les éléments déclencheurs de la modernisation, il y a des besoins qui font paraître la modernisation encore plus essentielle. Ces besoins font ressortir les limitations du système en place. Ils sont souvent composés des fonctions ou actions suivantes :

  • Échange d’information avec des systèmes externes, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise. L’objectif étant généralement d’augmenter l’efficacité de l’entreprise ;
  • Accessibilité du système par un nouveau type d’utilisateurs, généralement à l’extérieur de l’entreprise. Le développement d’une nouvelle clientèle ou l’ouverture de fonctions pour les clients afin de les fidéliser seront à l’origine de ces fonctions;
  • Intégration du processus d’affaires de l’entreprise par l’intégration des systèmes d’information. Dans ce cas, c’est la pression de la direction pour augmenter la performance, jumelée à la pression des utilisateurs devenus intolérants face à la nécessité de devoir utiliser plusieurs systèmes (plusieurs login?) pour répondre adéquatement aux clients…. Entre ces deux pressions…… les TI;
  • Intégration des données de l’entreprise pour obtenir une vision consolidée. Quoi ? Suis-je le seul à qui l’on demande 3 fois son numéro de carte de crédit ou son numéro de client lors d’un appel aux centres de service à la clientèle ?;
  • Aller plus vite… Toujours plus vite et cela à tous les niveaux : service à la clientèle, opérations et production, développement technologique, mise en place de nouvelles fonctions, etc…

Après études, analyses, évaluations et estimations de toutes sortes, il est maintenant clair pour tous que le système en place, tel qu’il est aujourd’hui, ne peut répondre aux besoins dans le contexte de l’entreprise, c’est-à-dire en termes de budgets et d’échéancier.

Il y a quelques années à peine, les stratégies possibles étaient peu nombreuses et surtout ‘intimidantes’. Elles se résumaient souvent à : on efface tout et on recommence…… Pas nécessairement facile à vendre comme projet….

Aujourd’hui, heureusement, il y a d’autres alternatives. La modernisation ne se résume pas au changement de système, à la mise en place d’un ERP, MRP et autres ….P.

Dans un prochain article, j’aborderai ma vision des stratégies de modernisation.